Contexte
La
grande sécheresse des années 1970 qui a engendré
une invasion de ravageurs a été à l'origine d'une
application massive de pesticides.
Conscients
des conséquences néfastes que pourrait avoir une application
massive de pesticides dans un environnement déjà perturbé
et fragilisé par la sécheresse, les pays membres du CILSS(
Burkina Faso, Cap Vert, Gambie, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie,
Niger, Sénégal et Tchad) ont opté pour que la protection
des végétaux pratiquée dans le futur soit plus
respectueuse de l'environnement, et ce par la mise en place de réglementations
communes. Mettre en commun lexpertise des pays sahéliens,
éviter quun produit interdit dans un pays ne circule librement
dans un autre et réduire le coût des homologations au niveau
national, tels sont les objectifs de la Réglementation commune
aux États membres du CILSS sur l'homologation des pesticides
adoptée en 1992 à Ouagadougou, Burkina Faso.
Lhomologation
des pesticides
La
Réglementation commune aux États membres du CILSS sur
l'homologation des pesticides (en abrégé Réglementation
commune), permet aux pays de pratiquer une lutte chimique judicieuse
et respectueuse de lenvironnement, ceci dans le cadre d'une approche
de gestion intégrée des nuisibles des cultures.
La
Réglementation commune concerne les produits formulés.
En ce sens, elle est unique dans le monde. Elle constitue un atout important
pour les pays du CILSS car dans le domaine de la gestion des pesticides
elle remplace les homologations nationales. Le Réglementation
commune définit les domaines suivants de lhomologation
des pesticides:
-
le
champ d'application et les domaines de compétence;
-
les
conditions et procédures dhomologation dune formulation;
-
la
protection des données confidentielles;
-
linformation,
létiquetage et lemballage;
-
lexpérimentation;
-
le
contrôle;
-
la
composition, les attributions et le fonctionnement du Comité
Sahélien des Pesticides.
La
Réglementation commune a été révisée
et mise à jour en 1999.
Le
Comité Sahélien des Pesticides (CSP ) est devenu opérationnel
en 1994. Il constitue la cheville ouvrière de la Réglementation
commune. Il a pour tâches de prendre des décisions communes
à l'ensemble des pays du CILSS en matière de circulation
des pesticides et en vue de leur utilisation judicieuse.
Le
CSP :
-
examine
les demandes d'homologation pour suite à donner;
-
tient
le registre des homologations et des autorisations;
-
établit
une liste des pesticides d'emploi interdit ou sévèrement
réglementé dans les pays du CILSS;
-
effectue
linventaire des pesticides utilisés ou commercialisés
dans les pays du CILSS;
-
définit
les méthodes de contrôle de la composition, de la qualité
et de lévaluation des produits à légard
de lhomme, des animaux et de lenvironnement;
-
établit
la liste des établissements publics autorisés à
effectuer les essais;
-
dresse
la liste des laboratoires habilités à effectuer les
analyses de contre expertise;
-
maintient
des liens avec les Comités nationaux de gestion des pesticides
(CNGP) dans les pays du CILSS.
Le
CSP est composé :
-
dexperts
sahéliens spécialistes dans les différentes
disciplines de la protection des végétaux, de la toxicologie,
de léco-toxicologie et de la chimie;
-
de
représentants des organisations régionales en Afrique
(Centre Agrhymet du CILSS, OCLALAV, CPI/OUA etc...);
-
de
représentants des organisations des Nations Unies (FAO, OMS);
Le
CSP se réunit en session ordinaire deux fois par an à
lInstitut du Sahel, Bamako/Mali, et en session extraordinaire
sur convocation de son Président.
Activités / résultats
De
mars 1994 à décembre 2000, le CSP a enregistré
362 dossiers dhomologation déposés par des firmes
agro-pharmaceutiques représentées dans la sous-région.
Il s'agit principalement dinsecticides (69%) et dherbicides
(17%). Les pesticides composés ( insecticides/fongicides, insecticides/nématicides),
les fongicides, les avicides et les rodonticides constituent les 14%
restants.
Au
cours des onze sessions ordinaires, le CSP a octroyé 128
autorisations provisoires de vente (y compris les renouvellements)
et 6 homologations définitives. Les autorisations actuelles
nont concerné jusqu'à présent que les formulations
de pesticides chimiques de synthèse. Les exigences du dossier
pour lhomologation des bio-pesticides sont en cours délaboration.
Les
listes des autorisations provisoires de vente et des homologations sont
envoyées aux Ministres en charge de l'Agriculture dans
tous les pays membres du CILSS.
Dans
le cadre de lharmonisation des procédures, le CSP a réalisé
en 1999 deux ateliers sous-régionaux sur lélaboration
de protocoles cadres relatifs aux essais pour lévaluation
de lefficacité biologique et de lécotoxicité
des pesticides, adaptés à lenvironnement sahélien.
Afin
de déterminer les structures habilitées à conduire
les expérimentations et les laboratoires de contre expertise,
le CSP a inventorié les stations de recherche dans les pays membres
du CILSS et les a regroupées selon les disciplines de la protection
des végétaux et par spéculation. Il a aussi recensé
les laboratoires de contrôle de qualité des formulations,
danalyse de résidus et dessais sur lenvironnement.
Pour
suivre et mettre en oeuvre ses décisions dans les pays, le CSP
a recommandé la mise en place dun Comité
national de gestion des pesticides (CNGP) dans chaque Etat membre. Actuellement
les CNGP se réfèrent à l'Homologation commune pour
établir leur liste nationale des pesticides. La mise en place
et le fonctionnement des CNGP sont une condition clé pour la
réussite, la viabilité et la durabilité du système
commun d'homologation.
Pour
plus dinformations sur la Réglementation commune aux Etats
membres du CILSS sur lhomologation des pesticides et sur les activités
du Comité Sahélien des Pesticides, contactez :
Comité
Sahélien des Pesticides
Secrétariat
Permanent
Institut
du Sahel
B.P
1530 Bamako (MALI)
Téléphone
(223) 22 46 81
Télécopie
(223) 22 46 81 / 22 59 80