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Les experts des Nations
unies ont prévu que la population mondiale allait doubler d´ici 2050,
passant ainsi de 5.9 milliards en 1997 à une fourchette de 7.8- 12.5
milliards d´habitants. Comment le monde pourra-t-il se nourrir ? Cette
question est particulièrement importante pour l´Afrique où le taux
d´accroissement de la population est d´environ 3 % et où paradoxalement
l´offre de calorie par habitant est le plus bas. Si la population africaine
peut aisément croître, il n´en est pas de même pour les superficies
cultivées qui nécessiteront un apport substantiel d´investissements
agricoles. La forte pression de la population sur les terres exploitables en
Afrique de l´Ouest, amène à considérer les options suivantes: réduire le
taux d´accroissement de la population, augmenter la productivité, adopter
une gestion rationnelle des ressources naturelles. La biotechnologie dont
les travaux de recherche datent déjà de plusieurs dizaines d´années pourrait
être en partie une réponse à cette problématique. Améliorer les rendements
en modifiant biologiquement ou génétiquement les espèces que nous désirons,
peut être une alternative aux systèmes extensifs d´exploitation des terres.
Cette nouvelle ambition de la recherche agricole moderne de transformer
l´agriculture tout en préservant l´environnement et la santé humaine se
présente comme un véritable espoir par rapport à l´insécurité alimentaire et
la pauvreté en Afrique.
Dans les pays africains
comme ailleurs, l´introduction de la biotechnologie pour résoudre les
problèmes de la productivité agricole exigera un système de bio-sécurité
approprié qui inclura à la fois une politique, une réglementation et un
système de contrôle. Pour la plupart des pays de la sous-région, il n´existe
pas encore de cadre réglementaire d´utilisation des produits
biotechnologiques. Devant une telle situation, certains pays vont courir le
risque de constituer un terrain d´expérimentation pour les firmes
internationales. Le cadre réglementaire nécessaire pour l´introduction et le
développement de la biotechnologie en Afrique ne saurait se construire que
sur une base régionale. L´application des textes à l´échelle de la région,
la bonne gouvernance, la transparence et un code d´investissement favorable
aux initiatives privées en matière de recherches biotechnologiques sont les
conditions de développement de ce secteur. A cela il faudrait ajouter la
prise en compte et le respect des accords internationaux et des conventions
qui régissent l´agro-biotechnologie (Convention sur la Diversité Biologique,
TRIPS liés aux IPR dans le domaine agricole, accords relatifs à la SPS et la
TBT, protocole sur la bio sécurité, etc.).
Ignorer la biotechnologie
moderne représente un risque énorme pour l´Afrique où les rendements
agricoles sont des plus faibles au monde, où au moins 25 % de la
consommation alimentaire est importée. La maîtrise et le contrôle des
ennemies des cultures et l´amélioration de la qualité des semences par voie
biotechnologique offrent des possibilités énormes d´augmentation des
rendements au delà de toute espérance. Cependant, la biotechnologie ne
saurait être la solution unique à l´ensemble des problèmes auxquels fait
face l´agriculture africaine. Les contraintes doivent être sériées afin de
tirer le meilleur profit de la recherche dans le domaine. L´agriculteur
africain pourrait tirer un réel bénéfice dans l´utilisation de ces nouvelles
technologies et faire face efficacement aux fléaux de la sécheresse, de la
pauvreté des sols, de la salinité, des virus et autres maladies des plantes.
La biotechnologie et la biosécurité sont deux
concepts inséparables. La vision de l´Institut du Sahel dans le domaine est
de renforcer les capacités nationales de la région (chercheurs, producteurs,
opérateurs et décideurs) dans le cadre de la transformation des produits
agricoles, la sélection et la recherche variétale, la culture de tissus, la
biologie moléculaire, les techniques de manipulations génétiques…etc. A
moyen terme, l´Institut du Sahel se donne comme option pour la région
Ouest-africaine:
- De concevoir des programmes régionaux d´information et de
sensibilisation autour de la biotechnologie moderne (circulation des OGM),
- D´identifier les opportunités d´adaptation de la biotechnologie dans les
programmes de recherche existants,
- De déterminer les modalités d´introduction de la biotechnologie dans le
initiatives de recherche au niveau national et régional,
- De
concevoir un cadre réglementaire de biosécurité pour la région (à l´image du
Comité Sahélien des Pesticides),
- De concevoir un cadre de collaboration en matière de recherche
biotechnologique entre le niveau national, régional et international et par
rapport aux droits à la propriété intellectuelle,
- D´évaluer l´impact des produits biotechnologiques sur les bénéficiaires
et l´environnement.
Les analyses prospectives entamées par l´INSAH portent
essentiellement sur l´inventaire des activités de biotechnologie en cours et
l´évaluation des capacités techniques, humaines et institutionnelles de la
région dans le domaine.
A la demande du 38ème sommet des Chefs d´Etats du CILSS, une note
d´information a été présentée par l´Institut du Sahel afin d´éclairer les
décideurs sur les enjeux liés à l´introduction de la biotechnologie et à la
circulation des OGM au Sahel. A cet effet, l´Institut du Sahel vient
d´initier une étude sur l´état des lieux de la réglementation, des
directives pour l´autorisation et la circulation des OGM dans le Sahel. Les
résultats attendus de ces travaux sont les suivants:
- Une situation générale par pays sur la création, l´introduction,
l´utilisation des OGM et les textes réglementaires les accompagnant sera
produite,
- Le nombre et la capacité des laboratoires de la région participant à des
travaux scientifiques sur les OGM seront répertoriés. Une estimation du
renforcement de cette capacité sera proposée,
- Les rôles et fonctions des organes de réglementation pour
l´introduction, l´utilisation et le contrôle des OGM à l´échelle régionale
seront proposés. Les étapes de mise en place de ces organes et un échéancier
seront définis.
Pour plus d'informations, contactez :
Netoyo Laomaïbao, Chef DREAM,
netoyo@insah.org
ou Siaka Dembélé, Coordinateur Sous-Régional Biosécurité basé à l'INSAH,
siaka.dembele@insah.org |
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champs de
banane

forêt classée

sols fertilisés |